Comment j'ai surmonté ma timidité

Milan
Comment j'ai surmonté ma timidité
Comment j'ai surmonté ma timidité

Annie est journaliste. Elle a aussi longuement travaillé dans la publicité. C’est une femme de cinquante ans, délicate, élégante, emplie de charme. Elle se dit timide « de naissance », et se souvient de ses difficultés à côtoyer le monde dès sa petite enfance. Maman de trois enfants, elle vit depuis quelques années  sa troisième grande histoire d’amour. Son métier continue de la passionner, il faut dire que c’est lui qui l’a sortie de sa timidité…

La timidité a toujours fait partie de moi, je ne peux pas dater son apparition. Petite fille, je sais que j’étais  toujours prête à éviter les gens. J’étais capable de faire un détour de cinq cents mètres pour ne pas croiser une personne de connaissance qui venait en face. J’étais paralysée quand il s'agissait d'entrer dans une boulangerie pour acheter une baguette.... Au point que je me répétais "une baguette, une baguette, une baguette" et que, une fois arrivée devant la vendeuse, je ne savais plus ce que je voulais et que je m'entendais prononcer : « Une tranche de jambon ! ». Bébé, on m’a raconté que je ne pouvais pas quitter ma mère. C’était abominable, mon père lui-même ne pouvait pas m’approcher.

A trois ans, pourtant, j’ai demandé à aller à l’école. Je voyais les enfants de l’autre côté de la grille, ça m’attirait, j’avais envie d’aller à leur rencontre, de partager leurs jeux. On m’a inscrite et, là, cela a été le début de crises de larmes incessantes. Je me souviens que je partais avec un tas de petits  mouchoirs en tissus bien pliés dans la poche de ma blouse. Le soir, lorsque je rentrais, ma mère et moi comptions ceux qui étaient trempés de larmes et roulés en boule. Ce premier contact avec un grand groupe a été tellement dramatique que mes parents m’ont retirée de l’école. Je n’y suis retournée qu’à la rentrée suivante, et cette fois, cela s’est relativement bien passé. Là se trouve le drame des timides, dans cette envie viscérale, et en même temps cette peur panique, d’aller vers les autres. C’est un double mouvement.