Marie-Claire, mode Princesse Tam-Tam

Qui se cache derrière Princesse Tam-Tam 2004

Princesse Tam-Tam, c'est l'histoire d'une jeune fille à forte poitrine qui en avait assez des soutiens-gorge qui tenaient plus de l'échafaudage que de la lingerie fine. L'histoire d'une fille qui ne voyait dans les boutiques que du froufrou tendance catin ou du pratique tendance mémère. C'est l'histoire d'une fille élevée sous le soleil et les couleurs de Madagascar, qui ne comprenait pas pourquoi, sous ses T-shirts, elle ne devrait porter que du coton blanc ou du Nylon chair. Cette fille s'appelait Loumia Hiridjee.

Ses débuts

A 13 ans, Loumia quitte son île idéalement ensoleillée - mais politiquement très perturbée - pour venir vivre à Paris. Les boutiques de mode fascinent l'adolescente, ce qui ne l'empêchera pas de suivre de très classiques études de droit, puis d'histoire. La magistrature? L'enseignement? Non. Loumia préfère ouvrir, avec sa soeur, diplômée en psychologie, une boutique de cadeaux dans le 3e arrondissement... C'est le premier pied de nez que Loumia fera à la logique! Du petit magasin un peu fourre-tout, elle passera à l'enseigne que l'on connaît. Comment? Loumia pratique l'ellipse: «Les choses se sont enchaînées...» dit-elle.

Dès le départ, leurs dessous jouent la fantaisie et la gaieté. Côté qualité, les soeurs Hiridjee ne jurent que par le coton chaîne et trame, qu'elles n'abandonneront jamais. Leurs culottes et soutiens-gorge y gagnent un côté «itsi bitsi bikini» que l'on regrette presque de ne pas montrer. Pas étonnant, donc, que par la suite Princesse Tam-Tam se soit lancée dans le «beach wear» avec des maillots de bain pimpants, bien coupés, à faire trembler les foules de Hollywood à Cagnes-sur-Mer.

Puis le succès...

Au moment de se choisir une identité, un nom facile à retenir, international et éminemment féminin va s'imposer. Mais avant tout, «Princesse Tam-Tam», c'est un film qui les a fait craquer: Josephine Baker y joue une rigolote qui s'imagine princesse. Ça pourrait résumer l'histoire de leur lingerie: du sexy mâtiné de «youplaboum», de la Shéhérazade qui ne se prendrait pas au sérieux.

D'ailleurs, Loumia, avec son physique de sportive et sa voix éraillée à la Marlene Dietrich, résume assez bien ce concept: un métissage femme-femme, femme-fille... Fleurs, écossais, pois et petits chats Et c'est ainsi qu'elle et sa soeur (aujourd'hui moins impliquée dans l'affaire) vont rompre, selon leurs dires, les «diktats de la lingerie».

Comme pour le prêt-à-porter, elles vont instaurer deux collections, une en hiver, une en été, et vont apporter de la couleur et de l'imprimé, sans pour autant tomber dans la mièvrerie. Car Princesse Tam-Tam n'est pas une marque pour les gamines (même si beaucoup se sont laissé séduire par ce tam-tam-là)! Sur les cintres, les fleurettes côtoient les guêpières, le coton rose fait de l'oeil à la dentelle noire, le velours rouge ne dédaigne pas la soie poudrée. Et ce n'est pas vulgaire. Les coupes sont parfaites. Les matières sont nobles.
Et les prix sont raisonnables... Quand on vous dit que Loumia se moque de la logique!